Tankini blues

Je comprends bien que je procrastine à la puissance mille.

Je dois encore aller subir le supplice du spandex avant de me la couler douce à Miami Beach. Pour le cas contraire cette fois (au revoir le bedon rond). Ça m’a fait penser à ce moment embarrassant de l’an dernier.

C’est le jour de la marmotte quoi !

En rediffusion, une de mes journées d’humeur de turbulences…

PS-Qui aime aller s’acheter un maillot de bain au juste ?

 

Ahhhhh. L’appel.

Prendre le large, lever les pattes, larguer les amarres, aller se faire voir ailleurs.

Déguerpir.

C’est bien actuel. Impossible à combattre.

J’ai des complices. Mes adorables copains qui forment un couple franco-canadien et leurs trois enfants dont un tout-petit dernier. Ils ont eu envie de déménager leurs pénates en pleine mer.

Naviguer sur un voilier pendant des mois. Quel culot !

L’argument ultime (les rejoindre) pour quitter l’hiver québécois et ses congères. Et m’imaginer avec ma passagère clandestine (suis z’enceinte) dans la mer chaude. CHHHHAAAUUUDDEEE !

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Merveilleuse Martinique !

Un seul bémol voire une épreuve féminine pré-départ : le tankini.

Non, ce n’est pas l’appellation d’un nouveau drink (je me meurs de boire du ti-punch spécialité martiniquaise) que je devrais me contenter de humer seulement pour cause de bébé in abdomen.

Humer du rhum, c’est pas grave pour le développement, hein ?

OK, je vous en reparle si ça me fait de l’effet….

J’ai beau être dans ma splendeur de courbes féminines (c’est vous qui tentez de me convaincre ! perso, je ne suis pas du tout de cet avis), il traîne au fond de moi l’orgueil d’une fille qui se rappelle avoir porté le pantalon SANS panneau. À 7 mois de grossesse, je file en Martinique (je vous reviens en détails, promis).

MAIS.

Il me faut un maillot de bain.

Après des déceptions à la chaîne dans les boutiques de maternité et un mal de cœur qui se pointe, je dégote un zeste de courage et franchis l’entrée d’une boutique de bikinis avec des sirènes blondes en vitrine (et plein de courbes na-tu-rel-les hein ? spécialement la poitrine). Jalousie.

-Madame, puis-je vous aider ? me dit la plantureuse donzelle de 22 ans (l’âge où on pense qu’on est ordinaire, mais qu’on fait baver d’envie tout ce qui respire). Re-jalousie.

Nooon, elle ne va pas m’appeler madame en plus ! (fin du zeste de courage)

J’ai beau avoir fait les boutiques spécialisées, à part avoir le goût de couler en eau profonde (pour ne pas qu’on voit ce maillot), je redoute la réalisation de mon look maman-qui-veut-faire-branchée. Je ne râle pas pour rien, je veux juste un truc qui me ressemble « en temps normal » et que je n’aurais pas l’impression d’avoir emprunté à ma mère (s’cuse maman). Bien loin de la bomba.

Je supplie la déesse de 22 ans de ne pas me laisse tomber, car elle m’assure qu’ils n’ont rien pour les femmes enceintes.

-« Il doit bien y avoir des modèles qui vont me cacher un peu le ventre ? »

« Tankini » me dit-elle sceptique.

Elle propose différents modèles. Je lui demande poliment d’abandonner illico les motifs aux couleurs des tropiques (lire grosses fleurs ringardes). Et le maillot couche culotte.

tankini_blues2Nous optons pour les rayures.

Et une sortie de bain (j’en prends deux finalement).

Voilà Maman Globe-trotteuse prête à reprendre du service ! À moi l’air chaud du tarmac de Fort-de-France.

Devinez quoi ? Requinquée, je poursuis mon périple chez mon nouveau coiffeur Florian, français d’origine. Il me cale dans sa chaise de cuir capitonné d’un salon en vogue de Québec. Je veux une nouvelle tête pour mon voyage rien d’inclus au soleil (comprendre : une chevelure cool pour me venger de ne pas pouvoir m’acheter les vêtements que je veux).

-Super, tu vas où ?

Martinique.

WOOOOOOOOOOOOooooooooooooooW. J’y ai habité durant 10 ans.

C’est pas vrai. J’avais quoi ? Une chance sur un million de tomber sur le coiffeur-spécialiste-Martinique qui profitera du shampooing-couleur-coupe-mise en plis pour me livrer tous ses secrets. Génial. Nous devenons inséparables.

Je repars motivée, les cheveux au vent (malgré le facteur éolien résultant en du -38 degrés celcius). Des noms de restos à ne pas manquer (celui de son oncle), des plages secrètes à découvrir et le sentiment que ma destination répondra à mes attentes.

C’est reparti mon kiki.

Signé,

Maman Globe-trotteuse

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L’eau est chaude en Martinique !

8 réflexions au sujet de “Tankini blues”

  1. J’ai bien ri en lisant l’article.
    Mais c’est juste le début de l’hiver québécois et déjà l’envie de soleil !
    Mon fils, arrivé à Montréal depuis la rentrée de septembre, après un an en Australie, a trèèèès froid 🙂
    Bon voyage !

    • NOoooooooooon Marianne. PAS re-enceinte. C’est mon texte que je rediffuse de l’an dernier, car à la veille d’un départ j’ai dû encore acheter un maillot pour cause de bedon vide cette fois (bref, le tankini déniché enceinte ne me fais plus) et me suis dis « Tiens, je dois pas être seule, je vais rediffuser mon billet ». Fini les bébés pour la madame. Au plaisir, merci de ta visite 🙂

  2. Voilà pourquoi j’ai savamment planifié chacune de mes grossesse durant l’hiver…. Mais après 3 petits tannants, j’avoue que je redoute l’été qui s’en vient et le moment fatidique où je devrai, moi aussi me trouver un maillot adapté à mon nouveau désastre corporel 😉

    • Pour les lecteurs qui ne connaissent pas Marie-Ève du blogue Le Carnaval muet, sifflez svp ! C’est un pétard de maman. Mais je te comprends tellement. Ce supplice du spandex requiert, avouons-le, une dose de courage. J’ai racheté un tankini. Bizarrement, la sublime vendeuse de 22 ans me disait qu’il se vend de moins en moins de maillot une pièce « parce que les corps qui fitent là-dedans sont rares » précise-t-elle. Y a de l’espoir. Ode au tankini.

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